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Mobilisation - Un port industriel, c'est non et le pont routier, c'est toujours non !

Publié jeudi 9 novembre 2023 à 14h14.

Près de 200 habitants d’Athis-Mons, Ablon-sur-Seine et Vigneux-sur-Seine se sont rassemblés le 30 septembre dernier, au départ du jardin Paul Jovet, à l’appel de l’association Athis-Pont NON et d’associations citoyennes des deux côtés de la Seine pour réaffirmer leur opposition au projet, mené par le Département, de franchir le fleuve par un pont routier entre Athis-Mons et Vigneux-sur-Seine. À ce serpent de mer s’en ajoute un deuxième, connexe, qui les inquiète et les mobilise également : un projet de port industriel de la société HAROPA Port (qui gère les ports du Havre, Rouen et Paris), en face de l’écluse d’Ablon-sur-Seine sur la commune de Vigneux-sur-Seine, sur 50 des 100 hectares de la parcelle, aujourd’hui un espace naturel. La municipalité a réaffirmé son opposition aux deux projets et exprimé ses arguments en votant une motion au Conseil municipal du 18 octobre dernier.

Mobilisation citoyenne du 30 septembre 2023, à Vigneux-sur-Seine.

Trois questions à Gautier Conan, adjoint au Maire chargé de la transition écologique, de l’aménagement, de la maîtrise de l’urbanisme et des mobilités : 

Quelles sont les actualités de ces projets, dans les tiroirs depuis plusieurs décennies, qui vous ont amené à organiser la mobilisation du 30 septembre ?

Gautier Conan

Gautier Conan : « Concernant le franchissement routier de la Seine, le projet a été inscrit dans la première version du Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) cet été par Valérie Pécresse, présidente du Conseil Régional d'Île-de-France. Une enquête publique aura lieu en début d'année, tout le monde pourra y contribuer. Ce document prescrit les aménagements des prochaines décennies. Cela veut dire que le pont routier est désormais possible au sens administratif. Aussi, le Département et la Région ont voté 2,2 millions d’euros pour de nouvelles études, en plus des 8 millions d’euros déjà provisionnés depuis 2016, ce qui veut dire que le projet est toujours d’actualité même si depuis 2020 pas 1 euro n'a été engagé par le Conseil départemental du 91. La Ville et le Département font tout de même savoir qu’il préférerait l’alternative d’un prolongement vers l’est de la ligne 18 plutôt qu’un pont routier.
Pour ce qui est du port industriel, nous avons des signaux concrets que Haropa Port relance son projet qui date de… 1993. Son Conseil d’administration a pris une délibération en ce sens et des réunions ont eu lieu avec les mairies d’Ablon-sur-Seine, Athis-Mons et Vigneux-sur-Seine ».

Quel est le lien entre ce projet de port et celui du franchissement de la Seine et quelles en seraient les conséquences ?

« Le projet d’HAROPA Port prévoit l’industrialisation de 50 hectares d’une zone naturelle et humide (d’un total de 110 hectares) pour y bâtir un port, dont 20 serviraient à la réalisation d’une unité de fabrication d’hydrogène décarbonée. Ce projet aurait pour conséquence l'artificialisation de plusieurs hectares d’espaces naturels aujourd’hui indispensables pour la biodiversité et les écosystèmes, la lutte contre le réchauffement climatique mais aussi qui participent à diminuer l’impact des crues de la Seine. Le fonctionnement de ce port viendrait s’appuyer sur le pont routier qui permettrait aux camions d’acheminer leurs chargements vers des péniches. »

Quelles alternatives à ces projets proposez-vous en termes de mobilités et en faveur de la transition écologique ?

« Au pont routier 2x2 voies, nous préférons le scénario du prolongement de la ligne 18 d’Orly vers le Val d’Yerres/ Val de Seine. Créer une nouvelle route ne ferait qu’augmenter la circulation des véhicules, le trafic serait vite saturé, ce qui générerait une pollution supplémentaire. Alors que le prolongement du métro proposerait une nouvelle solution de transport en commun. Aussi, pour le port, nous ne sommes pas opposés au développement du fret fluvial et nous sommes favorables à la mise en oeuvre de systèmes de décarbonation, mais en privilégiant des friches industrielles déjà existantes et artificialisées le long de la Seine et non en détruisant davantage de zones naturelles.
De tels projets industriels et de mobilités, qui permettent aussi à notre industrie française de continuer à exister et de se développer dans les années à venir, doivent se réfléchir en prenant en compte les besoins des habitants et du territoire et le respect du cadre de vie. Ils doivent s’inscrire dans un projet plus global de société actant le changement de paradigme en matière environnementale et de transition écologique. » 

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