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Portraits croisés Ce qu'Athégienne veut…

Publié lundi 8 mars 2010 à 12h09.

Archives : cet article date de plus de 6 mois.

Cet article fait partie de la newsletter n°32, du 8 mars 2010.

Les préjugés ? Natacha, Michelle et Cécile n'en ont que faire. Le métier qu'elles voulaient faire était soi-disant réservé aux hommes et pourtant, guère impressionnées, elles ont persévéré avec succès, certaines de leur vocation. La preuve, s'il en fallait , qu'en 2010 il n'y a plus de domaines réservés. Athis News a rencontré ces Athégiennes qui réussissent dans des métiers soi-disant masculins.

Natacha Quemener,
co-responsable des Espaces verts de la ville d'Athis-Mons

Natacha manage une équipe entièrement masculine.

Quel est votre parcours ?

N.Q : J'ai passé un CAP puis un BEP en floriculture (NDLR : production florale en serre). Après 8 ans comme chef de rayon Espaces verts pour une grande enseigne de bricolage, jardinage et décoration, la mairie d'Athis-Mons a fait appel à moi pour être responsable des équipes emplois jeunes dédiées aux Espaces verts. Au bout de 5 ans, j'ai été embauchée en tant que jardinier (NDLR : Natacha tient à ce que le nom reste au masculin). Depuis 4 ans, je suis co-responsable des Espaces verts de la ville.

En quoi consiste votre métier ?

N.Q : Je dois gérer, avec mon collègue, les équipes des Espaces verts et de la floriculture. Cela va de la gestion du personnel aux plannings des chantiers. Il me faut également effectuer et réceptionner les commandes de végétaux. Enfin, et c'est là mon domaine réservé et ma passion, je suis en charge de la décoration florale : je crée tous les bouquets et les compositions florales pour les manifestations municipales.

Etre une femme dans ce milieu très masculin ?

N.Q : J'aime travailler avec des hommes. Bien sûr, ce n'est pas tous les jours facile. En tant que femme, il faut faire ses preuves, acquérir une légitimité. Un homme n'a pas besoin de faire tout ça lui. Malgré tout, j'aime les rapports que nous avons, basés sur le franc parler. Le matin, je laisse beaucoup de ma féminité au placard : je m'habille comme eux, j'effectue les mêmes tâches, y compris les plus physiques. La touche féminine que je conserve, c'est au niveau du management qui se fait plus en douceur.

Vos conseils à celles qui voudraient suivre votre exemple ?

N.Q : Il faut que ce soit une passion car le métier est difficile physiquement. On est dehors été comme hiver, il faut faire le même travail que les hommes, même si on est moins costaude et il ne faut pas avoir peur de se salir. Pour autant, je ne changerais pour rien au monde. J'aime mon travail. Il me permet d'être dehors la plupart du temps, d'avoir un rapport constant avec la nature et d'avoir le sentiment de contribuer à rendre ma ville plus jolie.

Michelle Carnal,
propriétaire du garage Carnal à Athis-Mons

Michelle a repris le garage familial à l'âge de 17 ans

Quel est votre parcours ?

M.C : Ce garage, c'était celui de mes parents, je suis née dedans ! A 15 ans, j'ai débuté un CAP avec mon père comme maître d'apprentissage. Malheureusement, je n'ai pas pu terminer puisqu'il est décédé au bout d'un an. Je me suis alors inscrite pour passer le CAP en candidate libre, je l'ai obtenu en 1986 et j'ai rouvert le garage familial toute seule, à même pas 17 ans ! Les choses n'ont pas toujours été faciles mais j'ai découvert qu'il existait une vraie solidarité entre les garagistes d'Athis. Mon père avait également bâti un réseau de fournisseurs sérieux sur lequel j'ai pu m'appuyer. Depuis 2008, mon fils m'a rejointe et travaille avec moi.

En quoi consiste votre métier ?

M.C : Jusqu'à l'arrivée de mon fils, je devais gérer aussi bien la mécanique pure et dure que la clientèle, les commandes de pièces et le volet administratif. Aujourd'hui, j'ai un peu délaissé la mécanique même si je suis toujours là pour aider mon fils à rechercher une panne. J'ai beaucoup aimé ça mais une certaine fatigue s'est installée. Dans ce métier, il n'y a ni dimanches, ni soirées. Mais je suis très fière de cette transmission père / fille et maintenant mère / fils.

Etre une femme dans ce milieu très masculin?

M.C : J'ai toujours été bien accueillie que ce soit à l'école -il y avait 60 garçons, j'étais la seule fille- ou avec mes clients et mes collègues. Je crois qu'il faut s'imposer en douceur par sa compétence. D'ailleurs aujourd'hui, la vapeur s'inverse et c'est moi qui donne des conseils ! La seule difficulté que je rencontre, c'est avec les VRP qui arrivent systématiquement en demandant « Où est le patron ? ».

Vos conseils à celles qui voudraient suivre votre exemple ?

M.C : Avoir du courage, être volontaire, ne pas avoir peur de se salir et, évidemment, aimer la mécanique. Je crois que pour se faire accepter, il faut être nature, ne pas être dans la séduction mais ne pas chercher à ressembler à un homme non plus.

Cécile Chauvet,
sapeur-pompier professionnel à Athis-Mons

Cécile, caporal-chef au centre d'incendie et de secours d'Athis-Mons

Quel est votre parcours ?

C.C : J'ai commencé en tant que sapeur-pompier volontaire à 18 ans, à côté d'Etampes. En 1999, j'ai passé le concours pour devenir professionnel et je l'ai eu du premier coup. Après une formation de 4 mois à Ris-Orangis à l'Ecole du Service départemental d'incendie et de secours de l'Essonne (Sdis 91), j'ai intégré le centre d'incendie et de secours d'Athis-Mons en 2000. A l'origine 2e classe, je suis à présent au grade de caporal-chef.

En quoi consiste votre métier ?

C.C : J'effectue 9 gardes par mois de 24 heures chacune. Les tâches sont multiples : vérification des véhicules, sport obligatoire, formations, nettoyage du centre, tâches administratives. Bien entendu, dès qu'il y a une alerte, j'abandonne tout et je « décale » immédiatement. Ayant mon permis poids lourd et super lourd, je peux conduire tous les camions, ce qui me permet d'être polyvalente : au volant, secouriste ou chef d'agrès (NDLR : chef de l'équipage). C'est d'ailleurs ce qui me plaît dans ce métier, la diversité des tâches. Chaque intervention est différente, il n'y a pas de routine. Et puis, je crois que je supporterais mal de rester assise derrière un bureau. Quant au danger, je n'y pense jamais sur le moment.

Etre une femme dans ce milieu très masculin ?

C.C : Je n'ai jamais eu de souci avec ça. Déjà lors de la formation initiale, nous étions 4 femmes pour 65 hommes. Il faut simplement savoir poser des limites, ne pas se laisser faire dès le début et tout se passe bien. Bien sûr, une femme doit toujours plus faire ses preuves qu'un homme. Mais parfois, c'est aussi un avantage. Avec mon petit gabarit, je passe plus facilement à certains endroits et, pour certaines victimes, être en contact avec une femme est rassurant.

Vos conseils à celles qui voudraient suivre votre exemple ?

C.C : Il faut avoir du caractère, poser les limites dès le début et instaurer un climat de respect mutuel. Mais sinon, être une femme n'est absolument pas un obstacle pour être sapeur-pompier, j'en suis la preuve vivante !

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