Publié mardi 23 décembre 2008 à 19h13.
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Dans le cadre du Mois de la petite enfance qui a eu lieu du 6 au 30 novembre, le Service petite enfance d'Athis-Mons a organisé un concours d'écriture sur le thème “Lorsque l'enfant paraît”. Ce concours fut ouvert à tous, de 6 à 99 ans. Voici les 4 textes qui ont été primés. Objectivité, subjectivité, émotion, espoir, amour... Vaste et riche sujet qu'est la naissance et les temps qui la précèdent, l'accompagnent et la suivent. Bonne lecture à tous !
Il ne restait que quelques jours avant sa naissance… Une petite fille, la troisième de la fratrie. Une étrange sensation m'habitait. Je percevais cet enfant, très différent de ses frères et soeurs. Ce bébé était dans mon ventre flottant, volatile, aussi léger qu'une plume. Le moment de la naissance arriva, la petite Eléonore vit le jour, dans la précipitation, en tout début d'après-midi. Un beau et gros bébé de plus de 4,5 kg. Et pourtant bizarre. Elle dormit beaucoup, même le sein ne l'intéressa pas. Le pédiatre la qualifia d'hypotonique. Mon mari avec son humour habituel s'exclama :
— « Ah ? bon… Tant qu'elle n'est pas supersonique ! »
Les premiers jours passèrent, au ralenti. Etrange bébé qui ne mangea guère, qui ne pleura pas plus, qui dormi tout le temps. Un bébé tout mou, tout flasque. J'invitais le papa à la photographier, comme pour exorciser une étrange prémonition. Avoir une image de ce bébé qui peut être ne vivrait pas longtemps.
Les choses se compliquèrent en effet les jours suivants : elle respirait mal, perdait du poids, avait un ictère persistant. Elle fut transférée à l'hopital Necker, opérée quelques heures plus tard d'une malformation pulmonaire grave. Je restais avec elle, partout, tout le temps. Profiter de ce bonheur éphémère, l'aimer intensément, l'aimer sans la contraindre à rester avec nous, l'aimer au-delà du possible. Le chirurgien, bien que satisfait de son intervention, envisagea une funeste perspective : cette malformation pouvait être l'arbre qui cacha la forêt. Un signe d'une maladie plus générale… Une maladie génétique.
Au bout d'une semaine, nous rentrions à la maison. Les recherches génétiques étaient en cours, elles allaient durer plus d'un an. Au fil du temps, j'ai découvert et apprivoisé cet enfant différent, je me suis adaptée à son rythme- très lent -, à ses particularités. Et toute la famille s'en est trouvée métamorphosée.
Quelques temps plus tard, le pédiatre envisagea prudemment un « handicap »… Eventuellement léger, rien de grave bien sûr. Elle portait la vie en elle-même et finalement, c'était l'essentiel.
Mais il fallu abandonner bien des choses : notre travail, puis notre maison, nos voiture, nos meubles, nous n'avons gardé que l'essentiel : notre amour pour nos enfants, l'affection dans le couple. Et, bras dessous, bras dessus, nous avons pris le chemin de la campagne. Là où nous pouvions vivre un avec un peu, cultiver notre jardin et entretenir le verger. Avec nos trois enfants, dont Eléonore, atteinte du Syndrome de Sotos. La vie a gagné, elle est toujours là, avec nous, plus radieuse que jamais. Elle a 4 ans.
Laurence Musy
« Lorsque l'enfant paraît, le cercle de la famille applaudit à grands cris… »
Voilà bien notre poète, qui a su, par cette phrase devenue célèbre, exprimer toute l'importance d'un tel événement : la naissance d'un enfant.
Pour ma part, après avoir eu le bonheur de mettre au monde deux enfants - pour moi, « les deux plus beaux jours de ma vie - je connus, de nouveau cette joie immense : le jour de la naissance de mon petit fils, Thomas !
Quelle émotion ! Inoubliable moment, en découvrant ce petit être, apparemment fragile mais qui semblait déjà si expressif ! Miracle de la vie et merveilleux cadeau : je ne me lassais pas de regarder son, visage, encore plus beau que je ne l'avais imaginé ! Oui, cette naissance fut pour moi une joie pure, profonde : bien sûr, celle que ressentent certainement la plupart des grands parents.
Les années d'enfance ont passé… Bien trop vite ! Comment résumer le bonheur des mercredis, vécus avec mon petit Thomas, entre mille découvertes : le plaisir des jeux de toutes sortes, les promenades au parc, le cirque, les marionnettes et autres spectacles enfantins, les petits repas pris dans la bonne humeur, les rires et amusements divers… Sans oublier les « pourquoi », les questions, les remarques… Si pertinentes parfois, si interrogatives… Qu'elles imposent respect et réflexion ! Vraiment, on ne peut négliger un enfant…
Quel magnifique rôle que celui d'une mamie ! Celle qui a la chance d'avoir du temps disponible - et, par la même, d'être à l'écoute et d'accompagner ainsi les occupations variées, tout le long de ces journées de détente et de gaieté. Temps de partage, temps inoubliable, d'une richesse infinie !
Aujourd'hui, Thomas a 14 ans : c'est un ado « bien dans sa vie » !
Discret, éveillé, intéressé naturellement par beaucoup de choses, actif et sensible, il occupe une très grande place dans mon coeur. J'apprécie sa profonde gentillesse, sa sincérité, son humour également - qui lui permet de dépasser les petites contrariétés de la vie. Grâce à lui, je n'aime pas entendre dire du mal des adolescents : Là, on me fait gentiment remarquer que je manque peut être d'objectivité ! Peu importe…
Ce qui reste certain, c'est la belle affection que nous vivions, Thomas et moi, dans des temps raccourcis certes, mais toujours avec la même intensité, dans la bonne humeur et la confiance partagées.
Jeannine Curto
Il a, à peine, quelques jours et son sommeil est profond. Je caresse les petis cheveux hirsutes et bruns qui ne tarderont pas à tomber. J'essaye de glisser mon index à l'intérieur du petit poing qu'il tient fort séré. Sa peau est douce et tendre. L'enfant se laisse faire. Un par un, je dessine le contour de ses doigts. Ne pas appuyer trop fort de peur de le blesser. Au creux de sa bouche, une petite bulle s'est formée. Un petit filet humide s'échappe dans une ébauche de sourire. J'essuie avec précaution le petit menton. Soudain, il se réveille. Je le prends, le pose sur ma poitrine. Le petit corps est chaud, léger.
C'est si bon ce petit bébé, là, contre moi. Le battement de son coeur se cale contre le mien ou le contraire, je ne sais pas. De mes yeux coulent des larmes. Elles mouillent mes joues et tombent sur le petit pyjama. Du bonheur, bien sûr ! J'ai envie de serrer cet enfant très fort, mais attention, il est si fragile.
Bienvenu chez nous, Romain. Nous t'avons attendu longtemps. Combien de fois ai-je tâté le ventre de ta maman. Et que de joie la première fois que nous avons senti la petit bosse bouger sous la peau. Toute la famille a posé la main sur toi à ce moment là.
Et maintenant, tu es là… Comme un cadeau…
Lysiane Correia
Ma Lou, ma Lise
Mon Héloïse
Ma toute, ma belle
Mon hirondelle
Des mois d'attente
Et des semaines
Et des secondes
Longues comme des heures
Toute étonnée
D'arriver là
Tu geins, tu pleures
Tout contre moi
Deux grands yeux sombre
Dix petits doigts
Que je recompte
Plusieurs fois
Petit nez rose
Et bouche en coeur
Je te respire
T'apprends par coeur
Ma lou, Ma lise
Mon Héloïse
Ma toute, ma belle
Ma pimprenelle
Je suis ton port d'attache
Tu es mon Outre-mer
16h00 et des poussières
Quelques part sur la terre
Pascale Thibault-Petetin
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Dernière consultation le mercredi 23 mai 2012 à 02:07
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